dimanche 20 mars 2016

Francis Lalanne – De la mémoire amoureuse à la logique du coeur. Salon du livre de bondues. 13 mars 2016

Francis Lalanne – De mémoire amoureuse


Francis Lalanne - Salon du livre de Bondues - 
13-03-16 photo - Virginie Le Chêne parlant

«  Le présent n’est au fond qu’un morceau de demain
Pris dans un reste d’hier, et toujours à distance… » 1*

Si les êtres épris l’un de l’autre ont tant d’intensité, c’est qu’ils sont de présence, d’espace et de clarté. Leurs univers singulièrement pluriels sont sans distance  - ni injonction.  Leur paysage tout de matière est un enveloppement à cercle ouvert où le doux sous la pierre cireuse propulse au bord d’un abîme sans chute.
La simplicité n’est pas chez eux synonyme de bêtise mais posée sans condition, d’une sincérité sans appel.
Les amoureux portent en eux la valeur du sensible. Chacun de leurs faits et non gestes rayonnent, comme traversés, touchés, habités d’évidences. Là une main passée dans les cheveux. Ici un regard en lisière d’émotion. Un visage penché. L’esquisse d’un sourire. Un pas fleurant le gravier.  L’odeur bleue d’un matin endormi. Le crépitement du bois, tout en escarbilles d’instants. Autant de merveilles ordinaires si proches du sublime qu’on en sent l’enchantement dans un charme mêlé de frisson.  


Francis Lalanne - Salon du livre de Bondues - 
13-03-16 photo - Virginie Le Chêne parlant

Le sublime, écrit le philosophe à la plume serrée de style, Frédéric Schiffter, c’est « Lorsque, confrontés à l’immensité du monde, nous mesurons la petitesse de notre être »… Le nihiliste balnéaire poursuit : «  ce que nous voyons n’est pas beau, nous dit Kant, mais sublime. Sublime, par une nuit claire, la majesté de la voûte céleste étoilée. Sublime, la succession, à perte de vue, des massifs enneigés. Plus sublime encore, les chutes d’eau d’un torrent, un orage en montagne ou une tempête sur l’océan. Mais que nous mesurions notre inconsistance face aux puissances naturelles ne nous humilie pas. Au contraire, cela nous édifie. Sachant que c’est à nous, les hommes, et à nous seuls, qu’il est donné de contempler la nature, même si nous ignorons le sens de ce don, nous ne pouvons nous empêcher d’y voir une élection. Devant ces spectacles, nous éprouvons un « sentiment de jubilation mêlé d’effroi ». C’est en cela, en ce qu’ils nous invitent à ressortir que nous ne sommes nés que pour être les témoins à la fois maudits et privilégiés d’un monde où nous ne comptons pour rien, que Caspar David Friedrich et William Turner s’affirment comme les maîtres du sublime. » 2*

Point d’humiliation donc, ni au reste, d’effroi…  mais une exception. Celle où le « je » s’oublie, se dissolve en un « nous ». Celle d’une osmose où chaque évènement a la densité d’une cathédrale, le moindre élément la légèreté d’un cil.
Un grain de lumière, l’énergie d’un soleil.
Une pousse, une connexion vers le ciel.

Dans son livre  « De mémoire amoureuse », Francis Lalanne nous propose de parcourir cet espace ténu entre paroles et notes, où l’air solidifie l’impalpable en le rendant visible.  

« Lueur des calmes automnaux
En vague sur ta chevelure ;
Et ton regard ; et sa fêlure,
Entre les ambres matinaux…
Je ne veux pas qu’il fasse beau :
Je veux qu’il fasse une blessure !
Fouler sous mes pieds sans chaussures,
L’herbe humide à même la peau ! »

Sonnet 15, Francis Lalanne, De mémoire amoureuse, p 28.

Dans cette vidéo, le chanteur valse avec les mots, nous offrant entre littérature et musique, une poétique lumineusement touchante.

Merci de son accord gracieux.  





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La poétique Musicale "Schubert"
dialogue entre Ilivier Bellamy et Francis Lalanne


Merci de leurs accords gracieux.

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2* Frédéric Schiffter – Petite philosophie du surf – Milan 2005 – ISBN : 2-7459-1680-7

dimanche 6 mars 2016

Philip K. Dick, anecdote irrésistible : ... «Vous lisez vraiment ce genre de trucs ? »

Irrésistible !

Lorsque j’ai acheté mon premier livre édité. Une personne est venue vers moi et m’a demandé «Vous lisez vraiment ce genre de trucs ? »
« Mec, non seulement j’en lis mais j’en écris aussi. »

Emission à voir absolument :



dimanche 28 février 2016

Monique Canto-Sperber s'entretien avec Géraldine Mosna Savoy - A voix nue, France Culture.



Monique Canto-Sperber


« Le travail du philosophe est un travail de lucidité sur les données, l’état des choses, sur la réalité…" nous révèle la philosophe Monique Canto-Sperber dans une merveilleuse série d'émissions réalisée par Géraldine Mosna Savoy.
"C’est un travail de mise en rapport, de déduction qui s’efforce de dégager des intelligibilités, et surtout c’est un travail d’honnêteté personnelle. On s’oblige à mettre les données dans une autre lumière, à détruire la familiarité que l’on pourrait avoir avec elle  précisément pour raisonner, travailler, proposer  sans aucun préjugé. Sans qu’il y ait de pétition de principe sans que l’on soit à peu près sûr de retrouver dans la conclusion ce que l’on avait mis dans les prémisses. C’est ce travail d’éloignement et de rapprochement qui me semble le plus intéressant chez le philosophe. » 
"
Monique Canto-Sperber

Écoutons...


Géraldine Mosna-Savoy.
Citéphilo le 18 novembre 2014

A voix nue - Une philosophe au pouvoir 4/5. 


                                         ooooooooooooooo


« Amplifier la tâche de compréhension du monde. »
« Porter la raison avec une chair de mots. Une chair d’images et de condensation de sens que certains mots portent. La poésie a toujours été pour moi  une source de ressourcement en raison de son extraordinaire  puissance d’évocation, de musicalité mais aussi de raisonnement.

Pierre Jean Jouve a essayé de décrypter dans ses œuvres mi poétiques, mi théoriques la source de l’inspiration poétique, cette espèce de concentré de mots et de raison, c’est une chose qui m’a constamment guidé et dont je retrouve les traces  même dans l’écriture la plus détachée. » Monique Canto-Sperber 

A voix nue. Guerre et amour - 5/5



Monique Canto-Sperber, Précis de libéralisme... par les_ernest

vendredi 19 février 2016

Apprendre à souffrir les douleurs qui nous sont épargnées.



L’humanité n’est-elle en perpétuelle discussion ? Discussion avec les aléas du quotidien…
Discussion avec son voisin lorsqu’une poubelle se renverse un jour de grand vent. Discussion avec ses enfants lorsqu’il s’agit d’aller se laver les dents et de se coucher. Discussion sur le nombre de dossiers à traiter au bureau.  Dans ce monde d’interactions en ricochets,  les évènements rebondissent, sans  empruntes ni prises. Balancier perpétuel de l’un – UN - à l’autre - AUTRE. Glissade ping-pong de congénère à congénère tout en défense de points de vue, de  confrontations d’idées.  Face à face en termes à contre terme ; territoire gardé à terre clôturée.
 Malheureusement, trop souvent, seule la vision d’une image « choc » peut venir briser la carapace de ce monde en soi clos. De la vision cataclysmique surgit l’instant d’altérité…   Entrée fracassante en détresse d’autrui.  Conversion foudroyante du regard.  Et change – Echange, au sens propre.  Autrement dit : laisser un pan de soi et prendre une part de l’autre.  

Soudain, la lointaine proximité fait frémir…  Altère… Durablement ?